Récemment, MAHNOA a été sollicité par une PME qui expédiait régulièrement des batteries lithium. Leur ressenti : “on est globalement conformes”. La réalité était un peu différente.Une situation typique… et dangereuse
Ce dossier est intéressant parce qu’il reflète exactement ce que je vois très souvent en audit. L’entreprise expédiait des batteries neuves (UN 3480) et des batteries intégrées dans leurs équipements (UN 3481). Les flux étaient réguliers, structurés mais sans cadre ADR solide. Le premier constat était l’absence de CSTMD (qui est une non-conformité directe à l’ADR (section 1.8.3), mais surtout un révélateur de l’absence de pilote de la démarche transport de marchandises dangereuses.
Leurs documents de transport étaient “presque bons”, c’est-à-dire pas complètement faux… mais présentant des désignations incomplètes, des oublis de mentions obligatoires, des incohérences avec les colis. Ce genre d’écarts peuvent passer en interne… mais pas en contrôle DREAL.
Enfin, les équipes étaient pleines de bonne volonté mais sans formation. Les opérateurs faisaient “au mieux”. Or, sans formation ADR 1.3, difficile de saisir la logique réglementaire, d’avoir les bons réflexes en cas d’anomalie et de gérer les cas particuliers comme, par exemple, le cas des batteries endommagées.
L’entreprise était à risque. Clairement, en cas de contrôle, les camions de leurs transporteurs risquaient une immobilisation, les non-conformités étaient relevées immédiatement et la responsabilité de l’entreprise engagée. Et sur le lithium, les contrôles sont de plus en plus ciblés.
L’approche que j’ai mise en place
Pas de “gros projet”, pas de théorie.
L’objectif était simple : remettre l’entreprise en conformité rapidement et durablement.
Étape 1 : comprendre les flux réels
Avant de parler réglementation, il faut comprendre le terrain :
- quels types de batteries ?
- quels volumes ?
- quels emballages réellement utilisés ?
- quelles pratiques opérateurs ?
En effet, l’ADR “papier” , c’est 1200 pages de texte qui ne correspondent jamais exactement à la réalité terrain.
Étape 2 : corriger ce qui bloque
On a travaillé avec mon client de manière ciblée :
- correction des documents de transport
- alignement emballage / réglementation
- clarification des cas particuliers (exemptions, batteries défectueuses…)
L’idée sous-jacente était de sécuriser rapidement les expéditions par route de ces batteries.
Étape 3 : mise en place d’un CSTMD externalisé
J’ai pris la fonction de CSTMD.
Concrètement, la mission de CSTMD, c’est un meilleur suivi des opérations, une structuration des pratiques et le bon interlocuteur en cas de contrôle DREAL
Étape 4 : former les équipes sur l’ADR 1.3
On a fait une formation très opérationnelle :
- cas concrets de l’entreprise
- erreurs fréquentes
- situations à risque
Objectif : que les équipes sachent quoi faire, et pourquoi elles le font.
Les résultats concrets après 2 mois de collaboration
Des expéditions sécurisées
Les flux sont devenus :
- cohérents
- tracés
- conformes
Une vraie maîtrise du sujet
Ce qui a changé, ce n’est pas juste la conformité.
C’est le niveau de compréhension :
- les équipes savent détecter une anomalie
- elles ne dépendent plus d’un “expert externe” au quotidien
Zéro non-conformité relevée
Lors des vérifications :
- aucun écart majeur
- conformité stable
Ce que ce cas montre vraiment
Ce type de situation est loin d’être isolé.
Je retrouve très souvent :
- pas de CSTMD
- des documents “presque bons”
- une méconnaissance des exigences ADR
Et ce n’est pas un problème de mauvaise volonté, mais de manque de cadre ou de démarche.
Et vous, vous en êtes où ?
Si vous expédiez des batteries lithium, posez-vous 3 questions simples :
- avez-vous un CSTMD actif et proactif ?
- vos documents de transport sont-ils réellement conformes ?
- vos équipes savent-elles gérer un cas non standard ?
Si vous avez un doute sur un seul de ces points, il y a probablement un risque. Je peux vous proposer un audit rapide de vos pratiques, basé sur du concret, pas sur de la théorie.



